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Le confort d'été dans la rénovation de l'habitat social

Face aux prévisions d'augmentation des températures estivales pour les prochaines années, il est crucial d'optimiser le confort d'été des logements en évitant une dépendance accrue aux climatiseurs. 

Téléchargez le livret "Confort d'été dans la rénovation de l'habitat social".

"En forte hausse, la tendance des achats de climatiseurs génère une problématique énergétique, car leur utilisation massive représenterait une consommation d'énergie insoutenable à l’échelle nationale, une problématique environnementale, car elle augmenterait les émissions de gaz à effet de serre et aggraverait les ilots chaleur urbains, et, enfin, une problématique socio-économique, car l’entretien, la consommation et le renouvèlement des climatiseurs pèseraient lourdement sur le budget des ménages."*

Investis par ces enjeux, Action Logement PACA & Corse, l’AR Hlm PACA & Corse, la DREAL, la Fédération Régionale du Bâtiment Provence-Alpes-Côte d’Azur et l’Établissement Public Foncier Provence-Alpes-Côte d’Azur ont signé le 1er décembre 2023 la « Charte partenariale en faveur de la transition énergétique dans l’habitat social ».*


Quels principes et bonnes pratiques ont été retenus ? "
 

Animation de "LABs" confort d'été dans la rénovation par EnvirobatBDM : 

Trois « LABs », animés par le centre de ressources du bâtiment durable EnvirobatBDM, ont permis aux participants, une majorité de bailleurs sociaux et des membres d'Action logement, de l'EPF PACA, de la DREAL et de la Fédération Régionale du Bâtiment PACA, de s’accorder sur la pertinence de principes clés. 

Fruit de ces échanges, à la demande des mandataires et signataires de la charte, un livret a été rédigé par EnvirobatBDM pour résumer et rassembler les observations et explications des professionnels : "Le confort d'été dans la rénovation de l'habitat social". 

Téléchargez le livret "Confort d'été dans la rénovation de l'habitat social" :


L’intégration de la notion de confort d’été dès les études amont du projet de rénovation, dans l’analyse de site et grâce à un audit de confort pour répertorier les principales sources d’inconfort et les leviers grâce auxquels les usagers peuvent ajuster leur niveau de confort. On s’assurera ainsi du taux d’occupation effectif des logements, on connaîtra avec précision les moyens et habitudes d’occultation et de ventilation des espaces de vie, les apports internes de chaleur comme les appareils électriques, pour ainsi travailler à partir d’hypothèses les plus proches du réel.  

Les retours d’expérience présentés par des professionnels ont permis de s’accorder sur la nécessité d’accompagner les usagers le plus tôt possible et tout au long du projet de rénovation.

« On a observé une réduction de 3°C dans le logement par bon usage des protections solaires, fermetures des fenêtres en journée et limitation des apports internes », Gabrielle Raynal, ingénieure qualité environnementale, Domene Scop, adhérente EnvirobatBDM.

Cet accompagnement est optimisé lorsqu’il prévoit une approche pédagogique sur les bonnes pratiques de surventilation du logement la nuit, sur le bon usage des protections solaires et de la ventilation en général. Il s’agit aussi de sensibiliser les habitants aux enjeux écologiques et au phasage des travaux lorsqu’ils débutent une fois que les études amont ont abouti, notions essentielles pour les associer avec succès au projet lors d’un chantier en site occupé. 


Un principe de réalité largement partagé : le choix des solutions mises en œuvre pour le confort d’été est facilité par le calcul en coût global. On se donne ainsi la capacité de comparer le temps d’amortissement d’un projet base et de projets variantes. Les cas pratiques étudiés ont démontré que si l’on intègre la contrainte du renouvèlement des équipements et les hypothèses de dépenses énergétiques liées aux besoins de rafraîchissement des usagers, les solutions dites « low-tech » sont économiquement avantageuses à horizon 50 ans, loin devant le recours aux climatiseurs, si énergivores.


Quelles solutions low-tech pour le confort d’été ? 


Un réflexe pour toute rénovation qui tient compte du confort d’été : la pose de protections solaires compatibles avec la ventilation naturelle et la surventilation nocturne, pour permettre à l’habitant de se protéger des surchauffes en fonction de l’orientation du logement et de la course du soleil. A noter que les ouvertures à l’ouest doivent être particulièrement protégées. 
Dans une approche globale de la rénovation, mieux isoler les parois et la toiture permet de retarder le moment où la chaleur extérieure atteint l’intérieur du logement : on pourra privilégier les isolants à densité élevée comme la laine de bois, la ouate de cellulose, la laine de chanvre, le liège, etc. [


D’autres solutions sont efficaces pour traiter localement le confort d’été : la pose de ventilateurs plafonniers assure un effet rafraîchissant en augmentant la vitesse de l’air ambiant et donc, le confort ressenti par l’usager, pour un impact minimum sur les charges locatives ; la peinture blanche de type « Cool Roof » en toiture bloque le rayonnement solaire avant qu’il ne pénètre dans le bâtiment ; les tours compactes constituent un investissement intéressant parce qu’elles génèrent un air frais récupéré gratuitement sur le puisage du ballon d’eau chaude et un traitement de l’air entrant. 


Toutes ces solutions sont bien sûr à évaluer pour chaque opération de rénovation, en fonction des spécificités de la parcelle du bâtiment, de son orientation, des besoins des locataires, de leurs possibilités d’appropriation des solutions, et des caractéristiques techniques de l’existant. Un travail à mener aux côté d’un architecte et d’une équipe de maîtrise d’œuvre ou d’assistants à maîtrise d’ouvrage.